Dans un contexte actuel de transition écologique et énergétique général, la problématique sociétale est de trouver un équilibre entre nos façons de consommer et les enjeux environnementaux comme le réchauffement climatique. Un indicateur quantitatif existe pour mesurer notre impact sur l’environnement: l’empreinte carbone. Afin de mettre en place des actions pour réduire cet impact, il est nécessaire dans un premier temps de comprendre l’empreinte carbone et de savoir comment elle se calcule.

Qu’est ce que l’empreinte carbone ?

L’empreinte carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre produite par une activité humaine, une organisation ou encore une population. Le gaz le plus connu est le CO2. L’empreinte carbone se calcule à plusieurs niveaux d’échelles et peut ainsi être mesurée pour un individu. Plusieurs facteurs rentrent en compte dans ce calcul : la consommation d’énergie, le mode de transport ou bien le mode de consommation alimentaire. Il est possible d’optimiser au mieux la mesure en ajoutant d’autres éléments comme la production de biens physiques, les services en ligne, la gestion de ses déchets ménagers ou bien le recyclage de ses biens. L’empreinte prend donc en compte la production, l’importation et l’utilisation d’un bien ou produit durant sa durée vie.

L’empreinte carbone en Europe et en France

Il est estimé que l’empreinte carbone par habitant en France en 2020 est d’environ 6.9 tonnes équivalentes de CO2. Tous les gaz à effet de serre n’ont pas le même impact de pollution. Le terme “tonne équivalente” signifie ainsi que la valeur des émissions est normalisée par rapport au CO2. Actuellement, près de 2/3 de l’empreinte carbone d’un individu français est liée au logement, au transport et à l’alimentation.

La France fait partie des pays d’Europe les plus responsables en termes d’émission de gaz à effet de serre. En effet, c’est un des pays les plus respectueux du protocole de Kyoto et de l’accord de Paris sur le climat, visant tous deux à réduire les émissions mondiales (signés respectivement en 1997 et 2016). A titre comparatif, le pays a l’empreinte carbone la plus élevée est le Luxembourg avec 20,7 tonnes équivalentes de CO2 par habitant.

Depuis 2005, la tendance de l’empreinte carbone est à la baisse. Celle-ci est actuellement de 8,7 tonnes en 2020 pour l’Europe, contre 10,7 tonnes en 2005.

(Source : INSEE, Eurostat)

Comment réduire son empreinte carbone ?

Une meilleure consommation de l’énergie

La plus grande consommation d’énergie (électricité, gaz, fioul) prend place au sein de son logement. Pour réduire son empreinte carbone, il faut d’abord consommer moins. Les travaux de rénovations énergétiques permettent d’améliorer l’isolation du logement et ainsi réduire la consommation d’énergie. En plus d’être écologique, consommer moins signifie aussi réduire sa facture globale.

Dans un second temps, il faut consommer mieux, en envisageant des énergies plus propres. L’énergie verte produite à partir de sources renouvelables – comme le solaire, l’éolien ou l’hydraulique – est nettement moins génératrice d’émission carbone que les énergies issues de sources non-renouvelables. Les énergies vertes représentent aussi bien le biogaz que l’électricité verte. En effet, un ménage français émet 105g de CO2 par kWh consommé pour une électricité dite classique, contre 13g de CO2 pour une électricité verte souscrite auprès de son fournisseur. De plus en plus de fournisseurs proposent de l’électricité verte et permet ainsi de la rendre accessible à tous. Fournir de l’électricité verte implique l’utilisation de Garanties d’Origines par les fournisseurs : ces garanties prouvent que l’énergie revendue est bien créé à partir de sources renouvelables.

(Source : ADEME)

Une meilleure façon de se déplacer

Il est désormais aisé de se déplacer en milieu urbain. Les collectivités et entreprises mettent en place de nombreux moyens de locomotion collectifs ou partagés pour accompagner la mobilité urbaine. De nouvelles solutions plus écologiques que la voiture apparaissent, comme les trottinettes et les vélos électriques en libre service, ou encore la démocratisation du bus et du covoiturage.

S’il ne faut pas complètement arrêter d’utiliser sa voiture ou de prendre l’avion, il faut cependant le faire de façon raisonnée. Pour les trajets courts, privilégiez la marche, le vélo ou les véhicules légers. Pour les trajets à l’échelle nationale, le train est le mode de transport le plus respectueux de l’environnement. Les vols en avion sont à éviter au maximum. En effet, un vol Paris Madrid pour un passager correspond à une émission de 0.51 tonnes équivalentes de CO2.

Une meilleure consommation alimentaire

La provenance et le type d’aliments consommés influencent directement l’empreinte carbone individuelle liée à la consommation.

Le choix du circuit de distribution des produits, court ou long, entraîne l’implication d’un ou plusieurs acteurs dans la chaîne de distribution. Les fruits exotiques cultivés à l’étranger en dehors de la zone européenne voyagent en avion pour arriver rapidement en France sans perdre trop en qualité. Ce mode de transport est cependant très polluant. Un circuit court du producteur aux clients, en passant par une coopérative par exemple, réduit significativement l’empreinte carbone des aliments.

La culture de certains aliments ne demande pas les même conditions climatiques ou les même ressources. Par exemple, les avocats sont fragiles et  nécessitent un climat très chaud et une quantité très importante d’eau, 1000 litres pour produire en produire 1kg. Les avocats vont ainsi être cultivés dans des pays au climat tropical, et vont être acheminés en France par bateau ou par avion. Au contraire, les tomates sont plus résistantes et profitent de bonnes conditions de pousse en France. Elles pourront être cultivées en France et ainsi être acheminées en circuit court. D’un point de vue global, toutes les denrées alimentaires ont une empreinte carbone plus faible si la production s’effectue localement et que la distribution s’opère en circuit court.

Dernièrement, certains types d’agricultures à empreinte carbone plus basse se sont développés, comme l’agriculture raisonnée ou la bioponie. La bioponie est une pratique dérivée de l’hydroponie, qui consiste à cultiver des plantes hors-sol à l’aide de nutriments biologiques d’origine organique. La bioponie permet non seulement de n’utiliser que 10% de la consommation d’eau nécessaire pour une culture classique, mais aussi d’élargir la culture en milieu urbain. En effet, à l’aide d’une structure dédiée à la bioponie, il est possible pour un restaurateur ou un particulier de cultiver ses propres produits chez lui. Une façon efficace d’obtenir le circuit de distribution le plus court possible.

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